vendredi, décembre 30, 2005

Savez vous, Soeur Anne, que les artistes de la musique vivent essentiellement du spectacle vivant ?


Soeur Anne

Vous semblez redouter, dans le Monde, que la solution de la licence globale ne dévalorise le travail des artistes et qu'elle les contraigne à vivre « d’amour et d’eau fraîche » en subissant une «quasi gratuité» de l’accès à la culture.

Savez vous les artistes de la musique vivent essentiellement du spectacle vivant ?
Et qu'ils ne perçoivent quasiment aucune rémunération sur les plateformes commerciales de téléchargement ?

Savez vous que la licence globale, à partir d’une redevance mensuelle de 4 euros par abonné Internet, permettrait de réunir chaque année de 80 % du chiffre d’affaires de l’industrie du disque en France.

Et ceci sans nuire, selon les études réalisées par l'Alliance Public-Artistes, au marché de la vente des CD et autres DVD, que ce soit on line ou off line.

Un quart de cet argent sera affecté de par la loi à l’aide à la création, au spectacle vivant et à la formation d’artistes.

Et les deux tiers du reste pourraient être réservés aux auteurs, aux compositeurs et aux artistes-interprètes (dont au premier chef Bénabar, Thomas Fersen, Jeanne Cherhal, Laurent Bounhik, Benjamin Biolay, que vous croyez pouvoir librement associer à votre combat).
A des centaines d’autres tout aussi renommés.
Ainsi qu'à des milliers d’autres moins renommés (ou en attente de l’être).

Bien à vous

jeudi, décembre 29, 2005

Mise au point


Anne Hidalgo a exercé des fonctions à la direction des Ressources humaines de la Générale des Eaux. De 1996 à 1997. Avant de rejoindre le cabinet de Martine Aubry, ministre de l’Emploi et de la Solidarité.

En 1996-97, la Générale des Eaux s'appelle encore Générale des eaux. Et ne deviendra Vivendi qu'en 1998 et Vivendi-Universal en 2000.

En 1996-97, la Générale des Eaux n'est pas présente dans la musique.
Seulement dans la télévision et le cinéma via Canal Plus.

La fusion Vivendi, Canal+ et Seagram, qui débouche sur la creation de Vivendi-Universal n'intervient qu'en décembre 2000. Anne Hidalgo n'y est plus depuis trois ans.

La liberté de défendre la liberté ?


Dans le Monde, toujours:

Il y va de notre liberté de défendre la liberté de la création si nous ne voulons pas être soumis à des produits standards imposés résultant de la concentration des industries culturelles en marche au niveau mondial, et dans laquelle le téléchargement gratuit joue un rôle de premier plan.

La liberté de défendre la liberté.
Pas moins que ça.
On croirait lire Georges Bush s’il s’intéressait au problème !
Il va de soi que nous nous situons du côté de ceux qui se battent contre cette forme de mondialisation des produits culturels. Un autre monde est possible, celui de la liberté, de la diversité et de l'intégrité.

Il faut tout de même un sacré culot, aprés avoir relayé les slogans sommaires des majors, pour proclamer, avec les altermondialistes,"qu'un autre monde est possible"

Sans les échanges en peer to peer, comment aurais-je pu enfin voir « Funeral parade of roses »

Vos producteurs chéris sont infoutus d’assurer le dixième du travail que le partage permet.

Pendant des années je suis allé pleurnicher chez le loueur de vidéos de mon bled pour lui demander si quelqu’un avait pris en charge la publication de « La foule » de Vidor (idem à l’époque pour «The
servant»
de Losey, toute la filmo de Duras, la plupart des Ruiz etc.). Je rêvais de montrer à ma compagne ce film sublime vu une fois dans une cinémathèque.
Rien. J’ai abandonné, usé.
Hé bien voilà qui grâce au peer to peer est enfin fait, elle l’a vu.

Sans les échanges en peer to peer, comment aurais-je pu enfin voir le « Funeral parade of roses » de Matsumoto, découvrir le cinéma de Buttgereit, faire découvrir autour de moi les films expérimentaux du début du siècle précédent ? Comment diffuserais-je mes propres films, d’ailleurs ?

S’il fallait compter sur les éditeurs, comment pourrait-on aujourd’hui lire les textes de Vachey mis à disposition sur mon site ?

Vous croyez vraiment que les producteurs de disques ont pris en main le pressage de tous les vinyles en CD ? Des clous : la moitié de ma discothèque serait considérée comme perdue corps et bien avec vos aigrefins, adieu les chants de travail et
d’amour de Taïwan, adieu la collection Prospective du XXIe siècle, adieu les petits pressages de l’extraordinaire collection de Illusion Productions, adieu les interprétations exceptionnelles comme cette version de la K546 de Mozart par I Musici... Etc.

Vous savez quelle est la chance de ces musiques de continuer à exister ?
Le peer to peer.


Extrait de la lettre de LL De Mars (artiste) à Nicolas Seydoux (PDG d'une obscure multinationale du cinéma)

mercredi, décembre 28, 2005

Au secours !

En ce moment précis, des millions de personnes, en France et dans le monde, s’échangent des blockbusters et des disques à la mode, mais aussi des films et des disques rares, introuvables à la FNAC, des œuvres oubliées ou «tombées» dans le domaine public .

Comme l'explique trés bien ce responsable de l'Union Nationale des Associations Familiales, cette officine libertaire bien connue,
"des millions de personnes ont spontanément créé de toutes pièces, en utilisant des logiciels P2P le moyen de diffusion culturelle le plus efficace, le plus immédiat, et le plus technologiquement performant de tous les temps. Il suffit d’un seul original mis à disposition par une seule personne pour que des centaines de millions d’internautes puissent y avoir accès sur la planète. Et plus le nombre de personnes qui le possède est grand, plus la diffusion est rapide.Ce système permet à tous de jeter un oeil à la discothèque, à la vidéothèque et la bibliothèque de chacun et d’y dupliquer l’œuvre de son choix. Pour toutes ces personnes, il n’y a plus qu’un grand "espace culturel mondial". Le coût marginal est nul. La rapidité d’action est fulgurante. L’optimisation des ressources est automatique : plus une œuvre est demandée, plus elle peut être mise à disposition. La charge ne pèse pas sur une infrastructure centralisée de communication mais est répartie sur des millions de machines individuelles.

Comment un Jaures, un Leon Blum ou un Malraux réagiraient-ils à cette incroyable nouvelle ? Très certainement avec enthousiasme.
Eh bien pour la Secrétaire nationale à la Culture du PS,c’est une catastrophe.

Soeur Anne et Frére Christophe administrent, dans le Monde une volée de bois vert à leurs camarades socialistes



Soeur Anne en rajoute une louche dans le Monde, sous le titre : "un coup dur pour la création".
Nous avons la tristesse de constater à l'occasion du débat très controversé sur le droit d'auteur que cette philosophie dépasse les clivages politiques et gagne malheureusement du terrain dans notre société.

Ce débat dépasse tellement les clivages que Soeur Anne se retrouve aux côtés de Donnedieu de Vabres et des majors. Cherchez l'erreur.

Que dirait-on si avant même la sortie en kiosques de nos quotidiens préférés, ils étaient mis en ligne et pouvaient être téléchargés gratuitement ? Que deviendrait la rémunération des journalistes qui travaillent à l'élaboration de nos quotidiens ?

Soeur Anne et Frére Christophe devraient sortir. Et surfer plus souvent.
Ils se rendraient compte que le contenu des journaux est disponible gratuitement en ligne avant que les journaux ne soient dans les kiosques. Depuis des années.
Cela n'empêche pas les journaux de vivre.
Ni de rémunérer leurs journalistes.
Si les journaux mettent en ligne tout ou partie de leur contenu, gratuitement, ils doivent avoir de bonnes raisons pour le faire : recettes publicitaires, abonnement aux archives payantes....
En effet, moyennant une somme modique dans votre abonnement souscrit auprès d'un fournisseur d'accès, vous pourrez avoir accès à une multitude d'oeuvres musicales, cinématographiques.

Modique ? Pas tant que ça.
Imaginons que la redevance optionnelle soit fixée à 2 euros par mois, 24 euros par an. C'est exactement ce que les ménages français depensent en achat de CD chaque année : 24 euros, deux CD par an.24 euros par an multipliés par quelques millions d'internautes qui souscrivent à la licence globale optionnelle : cela fait pas mal d'argent.Qui ne viennent pas en déduction des ventes de Cd mais qui s'y ajoutent.Car on sait qu'une grande partie des téléchargeurs continuent d'acheter des CD.
En 1981, François Mitterrand arrivait au pouvoir porté par la volonté du peuple mais aussi par le désir des artistes d'exprimer enfin leur liberté.

Et bien, l'une des premiéres decisions de François Mitterrand en 1981 fut justement de légaliser les radios libres.
En 1985, Jack Lang, après une concertation très poussée avec l'ensemble des milieux artistiques, proposait une loi qui faisait date sur le droit d'auteur et qui était votée à l'unanimité.

La situation d'aujourd'hui rappelle étrangement celle des années 70 : Hollywood et les industries du cinéma voulaient interdire ou brider le magnétoscope. Jack Lang eut l'intelligence de négocier un compromis : en contrepartie de la liberté pour le public de procéder à des copies privées, il instaura une redevance sur les supports vierges. Résultat : la redevance copie privée apporte des revenus complémentaires non négligeables aux industries du cinema et du disque.
La licence globale est un faux nez d'une uniformisation culturelle très largement engagée. Il y va de notre liberté de défendre la liberté de la création si nous ne voulons pas être soumis à des produits standards imposés résultant de la concentration des industries culturelles en marche au niveau mondial, et dans laquelle le téléchargement gratuit joue un rôle de premier plan.

Si on a bien compris, quand les députés socialistes défendent la licence globale, ils se font les relais de l'uniformisation culturelle et de la concentration des industries culturelles.
Soeur Anne aurait déclaré un jour
" Le parti, pour moi, c'était des gens qui en critiquaient d'autres. Je n'avais pas envie, ça me laissait indifférente »

Soeur Anne désavouée par Jean-Marc Ayrault


Alors que les députés socialistes défendent à l'Assemblée Nationale le principe d'une licence globale, Anne Hidalgo tâcle ses petits camarades.
Dans une déclaration à l'AFP Anne Hidalgo explique qu'
"instaurer une licence globale serait un cadeau fait pour l'essentiel aux fournisseurs d'accès et aux constructeurs de matériels. Elle risquerait d'atténuer la rémunération des artistes". Cette licence globale n'est "pas la solution équilibrée qui permettrait de réenvisager une économie générale de ce nouveau système avec l'arrivée du net...C'est une solution à hauts risques". Elle ajoute que cette position "n'était pas partagée par le PS, ni par le secrétariat national"et qu'en conséquence les trois députés agissaient "en leur nom."

Pas de chance, quelques heures plus tard, le Président du Groupe socialiste à l'Assemblée Nationale explique le contraire :
"Le groupe socialiste de l'Assemblée nationale a débattu du projet de loi du gouvernement sur les droits d'auteur et dérivés et la proposition d'amendement qui est faite par Patrick Bloche (sur la licence globale) n'est pas une position personnelle. C'est celle qui a été adoptée par le groupe socialiste."

Quand Soeur Anne proposait le filtrage de l'Internet



Ce n'est pas la première fois que Soeur Anne se singularise en adoptant un point de vue diamétralement opposé à celui des députés socialistes.

En janvier 2004, lors de l'examen du projet de loi "Confiance dans l'economie numérique", les députés socialistes s'opposent à toute mesure de filtrage.

Le député Jean-Yves Le Déaut explique que
Sous le prétexte d'une meilleure protection, ce projet tend en effet à imposer un filtrage du contenu qui, tous les experts le disent, n'est ni souhaitable, ni réaliste. Cette mesure est liberticide. Le sénateur UMP Trégouët a même parlé de « flicage ».

En Mars 2004, François Hollande lui même, dans une interview, porte le même jugement. Dans des termes identiques.
"Le filtrage du contenu qui, tous les experts le disent, n'est ni souhaitable, ni réaliste. Sur l'Internet, les contenus peuvent être déplacés en quelques secondes d'une machine à l'autre, d'un point à l'autre du globe. Au reste, la Commission européenne estime elle-même que ce contrôle a priori ne peut être exigé."

Cela n'empêche pas Anne Hidalgo de faire passer, en douce, quelques mois plus tard, dans un communiqué du PS,qu'
il est essentiel de vérifier que les intermédiaires techniques ne donnent pas accès à des sites de téléchargement gratuit, donc illégal, tout particulièrement lorsqu'ils sont hébergés à l'étranger."
En clair : le filtrage.
Seigneur, pardonnez-lui car elle ne sait pas ce qu'elle fait !

"Je n'avais pas envie, ça me laissait indifférente"


Un portrait assez détaillé d'Anne Hidalgo dans wikipedia.

Selon Wikipedia, Anne Hidalgo aurait déclaré un jour
" Le parti, pour moi, c'était des gens qui en critiquaient d'autres. Je n'avais pas envie, ça me laissait indifférente »