
Soeur Anne en rajoute une louche dans le Monde, sous le titre :
"un coup dur pour la création".Nous avons la tristesse de constater à l'occasion du débat très controversé sur le droit d'auteur que cette philosophie dépasse les clivages politiques et gagne malheureusement du terrain dans notre société.
Ce débat dépasse tellement les clivages que Soeur Anne se retrouve aux côtés de Donnedieu de Vabres et des majors. Cherchez l'erreur.
Que dirait-on si avant même la sortie en kiosques de nos quotidiens préférés, ils étaient mis en ligne et pouvaient être téléchargés gratuitement ? Que deviendrait la rémunération des journalistes qui travaillent à l'élaboration de nos quotidiens ?
Soeur Anne et Frére Christophe devraient sortir. Et surfer plus souvent.
Ils se rendraient compte que le contenu des journaux est disponible gratuitement en ligne avant que les journaux ne soient dans les kiosques. Depuis des années.
Cela n'empêche pas les journaux de vivre.
Ni de rémunérer leurs journalistes.
Si les journaux mettent en ligne tout ou partie de leur contenu, gratuitement, ils doivent avoir de bonnes raisons pour le faire : recettes publicitaires, abonnement aux archives payantes....
En effet, moyennant une somme modique dans votre abonnement souscrit auprès d'un fournisseur d'accès, vous pourrez avoir accès à une multitude d'oeuvres musicales, cinématographiques.
Modique ? Pas tant que ça.
Imaginons que la redevance optionnelle soit fixée à 2 euros par mois, 24 euros par an. C'est exactement ce que les ménages français depensent en achat de CD chaque année : 24 euros, deux CD par an.24 euros par an multipliés par quelques millions d'internautes qui souscrivent à la licence globale optionnelle : cela fait pas mal d'argent.Qui ne viennent pas en déduction des ventes de Cd mais qui s'y ajoutent.Car on sait qu'une grande partie des téléchargeurs continuent d'acheter des CD.
En 1981, François Mitterrand arrivait au pouvoir porté par la volonté du peuple mais aussi par le désir des artistes d'exprimer enfin leur liberté.
Et bien, l'une des premiéres decisions de François Mitterrand en 1981 fut justement de légaliser les radios libres.
En 1985, Jack Lang, après une concertation très poussée avec l'ensemble des milieux artistiques, proposait une loi qui faisait date sur le droit d'auteur et qui était votée à l'unanimité.
La situation d'aujourd'hui rappelle étrangement celle des années 70 : Hollywood et les industries du cinéma voulaient interdire ou brider le magnétoscope. Jack Lang eut l'intelligence de négocier un compromis : en contrepartie de la liberté pour le public de procéder à des copies privées, il instaura une redevance sur les supports vierges. Résultat : la redevance copie privée apporte des revenus complémentaires non négligeables aux industries du cinema et du disque.
La licence globale est un faux nez d'une uniformisation culturelle très largement engagée. Il y va de notre liberté de défendre la liberté de la création si nous ne voulons pas être soumis à des produits standards imposés résultant de la concentration des industries culturelles en marche au niveau mondial, et dans laquelle le téléchargement gratuit joue un rôle de premier plan.
Si on a bien compris, quand les députés socialistes défendent la licence globale, ils se font les relais de l'uniformisation culturelle et de la concentration des industries culturelles.
Soeur Anne aurait déclaré un jour
" Le parti, pour moi, c'était des gens qui en critiquaient d'autres. Je n'avais pas envie, ça me laissait indifférente »